Vendredi 10 juin 2011 5 10 /06 /Juin /2011 22:47

  histoire d'une flamme

 

Croyants, agnostiques ou athées, qui ne c'est pas un jour, posé ces questions :  

   

- <<Pourquoi toutes ces religions ?...

- Si elles sont si nombreuses, c'est qu'elles doivent être fausses !... 

- Ne servent-elles pas qu'à semer la discorde et faire battre les peuples entre eux !...

- Si Dieu existe, pourquoi ne se fait-il pas connaître de la même manière à tous les hommes ?... et enfin, si Dieu existe vraiment, qu'elle est la véritable religion, celle à laquelle nous devrions tous nous convertir ?...>>  

   

Beaucoup pensent que toutes les religions ont un fond de vérités communes mais que par la suite, elles ont évoluées différemment suivant la culture et le mode de vie de chaque peuple... mais alors là, une autre question se pose :

- <<Quelle est la religion qui a évolué dans la vérité ? >>

 san francisco omb christ  

  Depuis mon jeune âge, je suis passionnée par l'histoire des religions. J'adore voyager et dans tous les pays que je dois visiter, j'aime étudier avant de partir, la philosophie, la religion et le mode de pensée de la population que je dois rencontrer. Pour moi, cette partie là du voyage, et aussi importante que les monuments historiques et les beaux paysages que je vais découvrir.

A chaque voyage, je ne manque donc pas de m'étonner des multiples croyances et des nombreuses religons qui toutes parlent de Dieu mais chaqu'une à sa manière.

 bouddha  prière bouddhiste

 

Pour illustrer mes propos, je voudrai vous raconter une histoire que j'ai lu sur un des livres du Père Jean-Marie Verlinde.

Cette parabole bouddhiste se trouve pages 211-212 du livre "Quand le voile se déchire..." aux éditions "Saint-Paul".

   

Parabole bouddhiste de l'éléphant et des aveugles :

   

Un roi dans le Nord de l'Inde aurait un jour réuni en un lieu tous les habitants aveugles de la ville. Puis il fit passer devant les assistants un éléphant. Il laissa les uns toucher la tête, en disant : "c'est ça un éléphant". D'autres purent toucher l'oreille ou la défense, la trompe, la patte, le derrière, les poils de la queue. Là-dessus le roi demanda à chacun : "comment c'est, un éléphant ?" Et selon la partie qu'ils avaient touchée, ils répondaient : C'est comme une corbeille tressée... c'est comme un pot... c'est comme la barre d'une charrue... c'est comme un entrepôt... c'est comme un balai... Là-dessus, ils se mirent à se disputer, en criant : "l'éléphant, c'est comme ci, c'est comme ça", ils se jetèrent l'un sur l'autre et se frappèrent avec les poings, au divertissement du roi.

   

Suite à cette parabole, voilà ce qu'écrit le Père Jean-Marie Verlinde :

 

<<La querelle des religions apparaît aux hommes d'aujourd'hui comme cette querelle des aveugles-nés. Car face aux secrets du divin nous sommes, semble-t-il, nés aveugles. [...]  Du point de vue de la phénoménologie des religions, il est certes légitime de mettre toutes les expressions religieuses sur un pied d'égalité afin de procéder à une étude comparative de leurs dogmes et de leur vision du monde. Mais cette approche philosophique n'a rien à voir avec l'attitude croyante, qui ne saurait considérer sur un même plan les diverses révélations ou expressions du sentiment religieux véhiculées par l'histoire des Traditions.

Cela ne se vérifie pas seulement pour le chrétien, mais pour tout croyant, quelle que soit sa religion : sa Tradition est nécessairement celle dans laquelle il croit trouver davantage de vérité sur Dieu, lui-même et le monde, sans quoi on ne voit pas pourquoi il y persisterait [...]

Conviction n'est ni fanatisme ni intolérance ; et l'adhésion du croyant à une Tradition religieuse se justifie toujours par la conviction que celle-ci s'approche davantage de la vérité qu'il cherche.>>

   

Je tenais à citer le Père Verlinde car je voulais que cette parabole reste dans le contexte du livre dans lequel elle a été raconté...

   eglise orthodoxe sinaï

 

Je remercie le Père Joseph-Marie Verlinde de m'avoir permis de citer un passage de son livre "Quand le voile se déchire... Le défi de l'ésotérisme au christianisme" aux éditions "Saint-Paul"

 

Photos de : (M-C.G. - Juliette) "Un voyageur qui passe"

- photo n°1 : dans une église à Berne (Suisse)

- photo n°2 : dans une église à San Francisco (usa)  

- photos n°3 et 4 : Temple en Chine

- photo n°5 : église orthodoxe au Sinaï (Egypte)

- Photos n°6 et 7 : église catholique St Michel de Frigolet (Provence - France)

Ab de frigolet

 eglise st michel frigolet

 

Par Un voyageur qui passe - Publié dans : Histoire des RELIGIONS croyances... - Communauté : Sur les sciences humaines
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Samedi 14 mai 2011 6 14 /05 /Mai /2011 16:16

Rendez-vous avec la mort

 

Par un bel après-mid d'avril, une foule a les yeux fixés sur Juliette qui vient de descendre de voiture. Elle est droite, sans contenance, sa mère âgée lui tenant le bras. Si aujourd'hui, elle est là, les yeux bouffis par les larmes, sur la place de cette petite ville du sud de la France, c'est pour les obsèques de son père. Il vient de mourir à l'âge de 86 ans, honorant un rendez-vous que la mort lui avait donné soixante onze ans plus tôt.

En 1940, il a eu la tuberculose et à cette époque, une maladie pareille ne faisait pas de cadeau. Tous les enfants et les jeunes-hommes avec qui il avait séjourné plusieurs années dans un sanatorium de Haute-Savoie étaient morts. Le petit Joseph alors jeune adolescent, les avait vu partir les uns après les autres. Un seul avait survécu et le père de Juliette lui avait rendu visite une quarantaine d'années plus tard près de la frontière suisse.

La mort a fait un étrange cadeau à Joseph, elle lui a accordé la vie pendant 71 ans sans aucune séquelle ni handicap pour cette pourtant "terrible maladie". Juliette ne l'a jamais entendu tousser et pour ce qui est des bronchites et des rhumes, il n'en a pas plus eu qu'un autre homme. C'est seulement à l'âge honorable de 80 ans que le père de Juliette a commencé à avoir des difficultés pour respirer. Il a eu besoin d'oxygène la nuit, puis un peu la journée et enfin 24 h sur 24 à fortes doses. Il a fini par mourir d'étouffement sur un lit d'hôpital. Il a gardé l'esprit vif jusqu'au bout, ne bénéficiant de la morphine que quelques heures avant sa mort.

Un cadeau de 71 ans... un si long délai accordé par la mort... c'est magique ! 

C'est sous cet angle que Juliette préfère voir les choses.  

Joseph était dessinateur, il a pendant ces 71 ans de répit, dessiné des kilomètres de bandes dessinées pour la jeunesse.

Maintenant, Juliette est persuadée que "Madame La Mort" doit aimer le dessin et en particulier les BD... c'est surement la raison de son étrange clémence envers Joseph.  

 

Aujourd'hui, Juliette est là, figée sur cette place, face à des escaliers menant à l'église. Elle n'ose pas se retourner car elle sent, elle sait que derrière elle, à travers trois fenêtres, les fantômes de son passé la regardent.

Jusqu'à l'âge de 13 ans, Juliette a vécu dans une de ces maisons faisant face à l'église. Enfant unique et très solitaire, sa grande distraction était d'observer les mariages et les enterrements, cachée dans l'ombre des rideaux de ces trois fenêtres... elle voyait tout et personne ne pouvait deviner qu'elle était là. Depuis cette époque, Juliette aime observer les autres... tout voir sans être vue.

Juliette a toujours évité de passer dans cette rue, traverser cette place et même promener dans cette ville. Ce lieu l'impressionne. Elle a toujours su que tôt ou tard elle serait confrontée à ces moments terribles... elle y pensait déjà quand enfant elle observait les choses de la vie et la mort à travers ses fenêtres. Elle a toujours su que le rendez-vous était fixé... ses parents l'un après l'autre, puis elle, si cet ordre était respecté...

L'école maternelle puis la grande école se trouvaient derrière l'église. Jusqu'à l'âge de 13 ans l'univers de Juliette c'est donc situé dans ce périmètre précis. Encore aujourd'hui, tous ses rêves comme ses cauchemars se passent là ! ...là, d'où elle a l'impression de n'être jamais partie...

 

Ce jour d'avril, les personnes assistant à l'enterrement furent très surprises.

A l'instant où Juliette pénétrait dans l'église, elles la virent faire demi-tour, dévaler les marches en courant, traverser la rue et s'engouffrer dans une maison...

Juliette n'a pû résister à une pulsion, une sorte d'appel...

Maintenant, elle se trouve là, dans ce couloir qu'elle a tant connu. Ce couloir qui l'a vu pleurer en partant à l'école, ce couloir qui l'a vu joyeuse et sautillante accompagner sa mère faire les courses du matin...

Tout a changé. Juliette a de la peine a reconnaître les lieux. Elle ne retrouve plus la rangée de vieilles boîtes aux lettres, les tuyaux de cuivre  en haut des murs, ces murs qui ne sont même plus effrités mais lisses et fraîchement peints. Elle continue pourtant à avancer. Les escaliers n'ont pas changé mais ils ont pourtant rajeuni... tout à eu un coup de neuf. Juliette gravit les marches et au fur et à mesure, comme par magie, les lieux se transforme et redeviennent comme par le passé. Elle est enfin sur le palier face à la porte de l'appartement... la porte de "sa maison". Toute tremblante, elle tourne la poignée, elle sait que tout vient de basculer et qu'elle vit un moment unique et très important pour elle. En entrant dans l'appartement, elle ferme les yeux puis doucement les ouvre.

Rien a changé ! Tous les meubles sont là ! Tout est calme, il n'y a pas de bruit. Un homme est assis à un bureau en train de travailler. Reconnaissant son père, Juliette s'approche de lui mais il ne la voit pas. Dans un fauteuil près de la fenêtre, une petite fille dort. Cette fillette, c'est elle, elle... ! Juliette est prise de vertiges et elle a l'impression de tomber dans un grand trou noir...

 

Près de la fenêtre, la petite Juliette s'étire, elle vient de se réveiller. Elle a fait un drôle de cauchemar...

Dans la cuisine sa maman l'appelle car c'est l'heure du goûter. En passant près de son père, elle lui sourit... qu'elle horreur, elle vient de rêver qu'il était mort. Juliette va goûter puis elle ira jouer, à moins qu'elle passe un petit moment à regarder par la fenêtre..

 

~~~~ En réalité, ce jour là, j'ai monté les marches, je suis rentrée dans l'église et je n'ai pas osé me retourner...  

 

 

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Par Un voyageur qui passe - Publié dans : Histoires Singulières - Communauté : ARCHITECTES D'INTERCOEURS
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Jeudi 7 avril 2011 4 07 /04 /Avr /2011 13:50

Chers amis et amies... virtuels mais non moins amis, depuis quelques temps je ne viens plus promener sur vos blogs et je ne vais plus sur le mien non plus.

J'ai passé beaucoup de temps près de mon père qui est resté plusieurs semaines à l'hôpital. Il est décédé samedi matin me laissant dans la peine et dans beaucoup de dossiers, papiers et démarches administratives.

Je compte peu à peu reprendre le cours de ma petite vie en promenant sur vos blogs.

A très bientôt

Juliette

"un voyageur qui passe"

Par Un voyageur qui passe - Publié dans : Je voulais vous dire... - Communauté : Le Creux du Sac
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Vendredi 18 mars 2011 5 18 /03 /Mars /2011 13:11

Les origines du peuple d'Edom

 

Abraham et Sarah donnèrent naissance à Isaac qui à son tour donna avec Rebecca naissance à Esaü et Jacob.

Esaü et Jacob étaient jumeaux mais Esaü vint au monde quelques minutes avant Jacob.

Selon la légende, déjà avant de naître, Jacob et Esaü se disputaient dans le ventre de leur mère.

Dieu annonça à Rébecca :

<<Deux nations sont dans ton sein, deux peuples se détacheront de tes entrailles. L'un sera plus fort que l'autre, et le grand servira le petit...>>

 

Esaü était roux et velu et son jumeau était glabre.

Esaü fut surnommé Edom qui en hébreu veut dire roux ou rouge.

 

Dès leur enfance, Rebecca a une préférence pour Jacob qui est très proche d'elle.

Esaü travaille beaucoup aux champs et n'économise pas sa peine à la chasse. Son père l'apprécie beaucoup.

Un jour que Esaü revient très fatigué, il hume le fumet d'une soupe aux lentilles préparait par sa mère et son frère jumeau (surement par ruse...). Jacob lui propose de la manger, si il veut bien en échange lui donner son "droit d'aînesse".

C'est ainsi que selon la Bible, Esaü vendit son "droit d'aînesse" contre un misérable plat de lentilles.

 

Le temps passa et Isaac devenu presque aveugle voulu rétablir Esaü dans son "droit d'aînesse".

Rebecca une fois de plus, utilisa la ruse  pour préserver les intérêts de son fils préféré (surtout qu'en plus, elle détestait ses belles-filles, les épouses d' Esaü).

Pendant que Esaü est au travail, elle affuble Jacob de peaux de chèvre pour faire croire qu'il est velu comme son frère et l'envoie trouver Isaac. Croyant avoir à faire à Êsaü, même en le touchant, Isaac bénit Jacob.

A son retour, Esaü rentre dans une rage folle et veut tuer son frère.

Jacob est obligé de fuir à plusieurs centaines de kilomètres chez un oncle de sa mère où il est plus ou moins bien accueilli.

 

En chemin, lors d'une nuit où Jacob dormait appuyé sur une pierre, il aperçut une échelle sur laquelle montaient et descendaient des anges. Jacob appela ce lieu Béthel.

[La bible laisse planer le mystère quand à cette étrange vision... certains y voient le symbole d'une progression vers un état supérieur  , d'autres, une expérience ufologique où des occupants d'un ovni auraient fait une petite balade sur terre , et d'autres encore se demandent si Jacob n'avait pas trop abusé de "certaines herbes" ....]

 

Arrivé chez son oncle Laban, Jacob tombe amoureux de sa cousine Rachel. Son oncle lui promet en mariage, si il veut bien travailler pour lui pendant sept ans. Le temps passe et on le marie contre son choix à sa cousine Léa. Cependant, son oncle veut bien lui donner aussi Rachel si il accepte de travailler encore sept ans de plus. Surement très amoureux... Jacob accepte le marché.

 

Jalousé et détesté par son oncle et ses cousins, Jacob fuit le pays de Harran, pour se réfugier dans sa région d'origine. Il faut dire qu'il était devenu riche en faisant fructifier ses bêtes au détriment de celles dont il avait la garde. Il avait trouvé une astuce pour provoquer avec un procédé naturel, la rut plus souvent chez ses bêtes que chez celles de son beau-père d'oncle (en mettant certaines branches d'arbres dans les abrevoirs).

Il faut ajouter aussi qu'en fuyant, Rachel n'était pas partie "les mains vides" et avait emporté caché sous le palanquin d'un chameau quelques objets de valeur...

 

C'est à cette époque, qu'une nuit, Jacob livra un mystérieux combat avec un ange de Dieu. A partir de ce moment là, Jacob prendra le nom d'Israël "celui qui a lutté avec Dieu".

Voilà l'origine de ce nouveau prénom !

[ Pourquoi ce combat avec un ange envoyé par Dieu ?   Aucune source biblique ne donne d'explications valables... Avec qui a t-il vraiment livré combat    Ce combat fut assez important pour que Jacob soit surnommé Israël    Pour ce passage là, difficile de lire entre les lignes de la bible...] 

"Jacob-Israël" sort de ce combat avec l'articulation de la hanche déboitée. Depuis ce jour, les juifs ne doivent pas consommer cette articulation sur une bête...

 

Jacob (ou Israël)  est terrorisé lorsqu'il apprend que son frère Esaü vient au-devant de lui avec une importante escorte.

Jacob décide de lui faire de nombreux cadeaux pour l'amadouer... surement que les présents furent bien accueillis car les deux frères furent réconcilié...  Jacob-Israël fut donc libre de s'installer en Palestine.

 

Jacob-Israël avec Léa, Rachel et ses concubines Zilpa et Bilha donna naissance à treize fils et une fille. Douze de ses fils seront les ancêtres des 12 tribus d'Israël. (Le 13 ième fils est Joseph vendu par ses frères...)

 

Quand à Esaü surnommé Edom, sa descendance est le peuple d'Edom, les Edomites.

Les Edomites étaient en partie soumis à Israël. Ils eurent des difficultés avec Moïses.

Les Edomites qui occupaient le site de Pétra, en avaient interdit le passage à Moïse lors de l'Exode

 

C'est Saül qui vainquit les Edomites.

David fortifia sa domination sur le peuple d'Edom qui possédait de riches ressources naturelles et l'accès la mer rouge.

A la mort de Salomon, le peuple d'Edom se révolta et se donna son propre roi. 

Ils firent campagne avec Nabuchodonosor contre Jérusalem en 586 av. J.-C., puis s'installèrent dans la région nommée Idumée. Une guerre opposa les Macchabées et l'Idumée qui fini par être incorporée à Israêl. 

 

Ce sont les Edomites qui créérent le site de Pétra et quand ils partirent, les Nabatéens en prirent le contrôle et y firent un travail colossal dont il reste de si beaux vestiges encore aujourd'hui.

Le passage entre Edomites et Nabatéens pour l'occupation des lieux se fit donc sans heurt !

 

Les Nabatéens étaient un peuple nomade arabe. Ils contrôlaient les routes reliant l'Arabie du sud à l'Egypte et à la Syrie. Ces routes étaient appelées la Route de l'Encens.

Par Un voyageur qui passe - Publié dans : Histoire des RELIGIONS croyances... - Communauté : Passion Histoire
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Dimanche 6 mars 2011 7 06 /03 /Mars /2011 19:46

*** Mauvais souvenirs d'une ville rose...

                           où tout n'est pas si rose que ça !  ***

 

Ce jour là, nous sommes partis très tôt du bateau car nous avions de la route a faire pour nous rendre à Pétra. Je ne vous parlerai pas de la durée du trajet ni des paysages traversés car je n'ai fait que dormir.

 

Une fois arrivée, toute "groggy", j'ai commencé a suivre le groupe dans un petit sentier cheminant entre de grands rochers où l'on pouvait voir d'anciennes habitations troglodytes.

une autre planète avant le siq

 Le guide s'arrêtait régulièrement "en plein soleil" pour donner des explications  que je connaissais déjà (car tous les jours sur le bateau, nous avions une conférence sur la géographie et l'histoire des lieux prévus au programme... je ne risquais pas de manquer ces moments où l'on pouvait s'évader dans les siècles passés).

avant siq 1

 Je les ai donc tous laissé et j'ai commencé à pénétrer dans le Siq ou assise à l'ombre, je les ai attendu... car voyez-vous, j'ai une devise "qui veut aller loin ménage sa monture " ! 

  

Pour ce qui est des photos et de l'histoire des lieux, je vous ai tout raconté dans mon billet précédent nommé "Pétra - Jordanie ". Ce que je voudrai faire maintenant, c'est vous raconter exactement comment j'ai vécu cette visite, mes sentiments et le souvenir que j'en garde. En fait, je voudrai vous faire découvrir mon excursion "entre les lignes " de mon exposé précédent qui était très touristique.

 

Nous avons donc marché longuement dans le Siq qui au commencement est de largeur correcte mais sur la fin devient très étroit. De temps en temps, des cris de "mise en garde " des conducteurs de carrioles nous prévenaient afin que l'on se range sur le côté et dans un nuage de poussière, l'on avait à peine le temps de distinguer des touristes cramoisis et cramponnés à leurs sièges, passer à toute vitesse. Je n'ai pas réalisé, je n'ai pas pensé et pourtant j'aurais dû...

J'étais toute à ma visite, avec à l'esprit des clichés de "Rendez-vous avec la mort " d'Agatha Cristie (qui se passe en partie à Pétra)... j'imaginais l'ami Hercule Poirot et ses souliers vernis qui lui non plus n'était pas très sportif... j'étais en plein dans mon délire... mes pieds n'étaient pas encore fatigués et ils n'étaient plus tout à fait sur terre...

 

Arrivé au bout, c'est magique ! 

Nous nous trouvons dans l'obscurité entre les hautes roches et à travers la fente (car le Siq est tellement étroit qu'il n'est plus à cet endroit là qu'une fente entre deux blocs géants de roches), on aperçoit dans une lumière paraissant aveuglante le Khazneh que l'on devine plus que l'on ne voit.

A cet instant, j'ai pensé à tous les touristes du passé qui ont obligatoirement vécu cet instant magique et à ceux du futur qui vivront la même émotion...

vu fin siq 0002

 vu fin siq 0003

hors siq 0001

Ce jour là, il était interdit de pénétrer à l'intérieur du Khazneh. Ne me demandez pas pourquoi, je n'en sais rien.

hors siq 5

 

entrée du khazneh

J'ai donc promené, tourné et retourné faisant des photos par ici et par là.

Un chat roux du même ton que la pierre de Pétra, un agent de police avec sa dishdash kaki, un bizarre esalier menant nulle part... j'ai révé imaginant cet escalier du temps où il ne conduisait pas au néant...

chat à pétra

 policier

  escaliers

 

Je me suis ensuite décidé à suivre la voie principale "khazne al-Firaun " ou si vous préférez ce qui était "l'avenue principale" de Pétra du temps de sa splendeur.

anc hab troglo

 

Il était entendu qu'à partir du khazneh, chaqu'un pouvait poursuivre la visite à son rythme, autant de temps qu'il le voulait ou surtout qu'il le pouvait...

Rendez-vous à l'hôtel se trouvant à quelques minutes du site !

 

Je croisais de temps en temps des dromadaires "libres" avec leur conducteur... (si j'avais prévu, j'en aurais vite loué un...) après, quand on en cherche un, on en trouve plus...

dramadaires libresJe marchais donc tranquillement prenant une photo par ici et une autre par là.

Je croisais  tout un échantillonnage de personnes parlant des langues que je ne connais même pas.

Personne ne me connait, personne ne me regarde, on ne me voit pas, on ne sait rien de moi, je suis une touriste, une simple touriste qui n'a pas de vie propre. C'est ce que j'aime, ce que j'aime avant tout dans les voyages. Etre anonyme, ne pas avoir d'histoire. Pas de passé, pas d'avenir, seulement un présent qui se résume a regarder, regarder sans être vue... mon seul souhait : mon fondre dans le paysage !

 

Des dromadaires attentent leurs passagers surement en train de faire quelques achats... 

dromadaire pétra mag souvAprès tous les vestiges d'habitations creusées dans les grottes avec des façades plus ou moins travaillées, on fini par arriver à l'ancien théatre.

théatre 2 

 Ne me décourageant pas, je reprends le chemin car il reste encore a découvrir le Deir et les tombes royales.

 

Je marche, je marche et je commence à être fatiguée. Mon sac me parait de plus en plus lourd.

Je me dis que si je commence à être à bout de force maintenant, comment ça va être à l'arrivée et surtout comment je vais faire le chemin du retour.

Je n'aurais pas dû écouter les conseils et suivre ma première idée : louer un dromadaire au départ, sans en descendre jusqu'au retour. Au moins, j'aurais tout découvert sans me fatiguer, tout doucement, à la vitesse d'un dromadaire au pas, en prenant mes photos sur un "piédestal" bien à la hauteur... (dans les voyages organisés, il faut savoir que l'on vous oriente, on vous influence afin que vous vous fondiez le plus possible dans le groupe sans faire de fantaisies... il était donc plus facile pour eux de ne pas avoir à me chercher un guide personnel avec dromadaire que j'aurais payé naturellement... ce n'est pas une histoire d'argent qui entre en compte dans ce cas présent) 

Pour les dromadaires c'est donc foutu mais il y a possibilité de prendre une carriole pour regagner l'entrée du site. Le problème c'est que ces carrioles ne sont a disposition que pour la traversée du Siq. Il me faut donc retourner jusqu'au Khazneh. Je suis découragée et je m'asseois sur une pierre au bord du chemin. J'ai mal au dos, j'ai mal aux jambes, je suis éssoufflée, je ne peux plus avancer, j'ai surévalué mes forces. Je n'ai même plus le courage de lever les yeux, je regarde la terre du chemin, j'ai la tête qui tourne. 

Soudain des pieds s'arrêtent. Il y en a cinq paires. Je finis par lever les yeux et je vois que c'est des compagnons de voyages, écarlates, les traits tirés, métamorphosés, le maquillage ayant coulé pour les femmes... 

C'est ridicule mais j'ai pensé à Jésus qui quand il est sorti du tombeau n'était reconnu par personne. Même sa chère Marie-Madeleine l'a pris pour le jardinier. Quand on est fatigué, quand on souffre, les traits changent... donc quand on sort de la mort... tout s'explique pour l'ami Jésus...

 

Les têtes "transfigurées" qui sont au bout de ces pieds... là devant moi, me parlent :

 

- <<Mais alors Juliette, que vous arrive t-il ? Vous êtes bien rouge ! >>

(surement qu'eux... ils ne se sont pas vus !!!)

- <<Retournez avec nous ! Nous regagnons le khazneh pour louer un moyen de locomotion... il faut être deux par carriole, ça tombe bien... nous serons donc six avec vous !

- Allez courage vous n'allez pas rester là ! 

- Vous savez que vous aviez raison... N'étant pas sportifs, nous aurions dû louer des dromadaires... maintenant, nous allons devoir prendre des anti-inflammatoires pendant des jours et en plus nous n'avons pas découvert entièrement le site. Nous avons une drôle de colère !

- Vous, ma chère, vous êtes plus jeune que nous, vous ne devriez pas être dans cet état... vous devez manquer de sucre...>>

(A ces mots, un d'entre eux m'a sorti une banane "surement molle" ... que j'ai poliment refusé...) 

 

Je me suis levée et je les ai suivi. Ils marchaient tout doucement et n'étaient guère plus frais que moi. Le pire c'est qu'au retour, le chemin monte légèrement. De temps en temps nous nous arrêtions... personne ne parlait et tout le monde respirait très fort.

J'avais un peu honte d'être la plus jeune et d'être dans cet état... il faut dire qu'avec certains et certaines d'entre eux, j'ai bien vingt à vingt-cinq ou même trente ans de différence d'âge... (bien que je n'ai plus vingt ans quand même...) et c'est moi qui pourtant parait la plus épuisée, foutue, HS (hors service en terme technique)...

 

En chemin, nous avons vu passer (avec envie) des touristes bien installés sur leur dromadaires... des touristes bien plus malins que nous.... 

touristes malins

Nous voilà enfin revenus au khazneh où de petites carrioles attendent les voyageurs dans le même état que nous. Il faut en attendre des libres car nous ne sommes pas les seuls à nous retrouver sur les genoux.

 

Je prends place avec une compagne d'infortune. Nous voilà  donc partis, elle (qui est assez forte), moi et le conducteur. Je vois le dos d'un cheval recouvert d'une couverture bariolée.

chevalRapidement les choses se gâte... le conducteur fouette le pauvre animal pour qu'il aille plus vite... il crit pour que les piétons (comme nous le matin) s'écartent au bord du chemin.

cheval dans le siq

 Le sol est très mauvais ! Des cailloux, des roches glissantes, des creux, des bosses et le pire, certains passages où il reste des vestiges d'une ancienne chaussée romaine toute déformée... un véritable cauchemar !

Heureusement le chemin finit par monter donc fini la course folle. Le problème c'est que le cheval n'arrive plus a avancer. Le conducteur le fouette et lui crit je ne sais trop quoi en arabe. Avec la dame nous lui disons d'arrêter... je comprends qu'il doit avoir l'habitude que les touristes protestent et veulent protéger l'animal.

Je sens que ce cheval est à bout ! D'autres carrioles nous dépassent. Nous, nous n'avançons plus. Le conducteur nous fait donc descentre et nous parcourons une partie de la montée à pied à côté du cheval. J'ai peur qu'il s'écroule, je suis anéantie.

Après cette montée, le conducteur insiste pour que l'on remonte car nous sommes encore loin. Et là, il recommence à le fouetter... j'ai hurlé, je lui ai arraché le "bâton-fouet" des mains... il n'a pas très bien su ce qu'il arrivait et a arrêté la cariole. Je suis descendue (je dirai même que j'ai sauté, moi pourtant si fatiguée), j'ai fait le tour et je suis allée de son côté.. je faisais claquer le bâton contre les parois rocheuses tout en lui expliquant de ne plus frapper ce cheval... quand je suis en colère, je deviens pire qu'un psychopathe... la colère me donne une force terrible et je n'ai peur de rien !

Dans la vie, une seule chose me touche, c'est les animaux ! 

Les animaux sont "ma corde sensible".

Alors là, là... rien que de vous relater les évènements, la rage m'étrangle encore... Je n'ai pas la colère contre le conducteur de carriole (pas du tout car il faisait ce qu'on lui a appris et d'ailleurs il a très bien saisi le sens de mon mécontentement) mais contre le système...

J'ai insisté pour que l'on aille au pas et bien que je ne parle pas la langue, croyez-moi que je me suis faite bien comprendre.

Une fois arrivée, j'ai payé le prix d'une seconde course imaginaire afin que pendant ce temps-là, le cheval se repose avant de partir pour je ne sais encore combien de trajets jusqu'au soir. Je me suis assise à l'ombre et j'ai donc attendu, attendu (avec le cheval et le conducteur de carriole qui ne faisait que me regarder d'un air curieux)... J'ai ensuite à nouveau payé le prix d'une autre course en expliquant au conducteur de ne toujours pas bouger... je me suis éloignée en sachant très bien que aussitôt hors de vue, le conducteur allait repartir encore à toute allure...

Je suis rentrée à l'hôtel en sachant très bien que désormais les yeux de ce cheval resteraient dans ma mémoire... c'est un de mes mauvais souvenirs de voyages...

 

Peu à peu, tout le monde est rentré et ceux qui ont eu recours à la carriole ont eu également une mauvaise impression... En ce qui me concerne, je suis tombée sur un cheval très fatigué et la dame qui était avec moi était très forte ce qui n'a pas allégé la charge a tirer... le problème c'est que celà doit se produire régulièrement, les gens les plus minces n'étant pas ceux qui en général ont besoin d'un moyen de locomotion. Deux personnes plus ou moins lourdes, plus le conducteur, c'est beaucoup trop pour un parcours aussi accidenté et en plus, souvent à toute vitesse (pour faire le maximum de courses) 

 

L'hôtel et son restaurant étaient fort agréables avec vu sur Pétra et ses environs...

3 hotel pétra

2 hotel pétra

4 hotel pétra

Certains sont repartis voir la couleur des roches changeant de teinte avec le coucher du soleil... pas moi, j'ai préféré le bar et la terrasse de l'hôtel...

piscine hot pétra

1 hotel pétra

 

Des touristes m'ont raconté qu'en poursuivant la visite il y a des petits ânes et que leur condition est encore pire.

 

Si un jour je reviens en Jordanie, je ne mettrais plus jamais les pieds sur ce site... mais depuis, la nuit, souvent j'y reviens dans mes cauchemars...

 

Régulièrement, je pense à ce cheval... cette mésaventure date maintenant de 3 mois... ou il peine encore ou il a déjà terminé dans une assiète... au moins rien de perdu... on se sert d'eux jusqu'au bout !

 

Depuis, j'ai rencontré une touriste qui m'a raconté son aventure personnelle à Pétra.

Au bord du chemin, il y avait un âne blessé qui ne pouvait plus avancer. Avec quelques personnes aimant les animaux, ils ont demandé que l'on vienne le secourir... il faut savoir qu'il n'y a pas de soins vétérinaires... quand un animal ne peut plus avancer on le termine d'un coup de barre... des années après, avec son époux ils en sont toujours malade...

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Pétra - Jordanie -

décembre 2010

Photos réalisées par : moi-même

 

Par Un voyageur qui passe - Publié dans : MES RECITS DE VOYAGES - Communauté : Humeurs
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